Cameroun – Freddy Manyongo ; la relève, 3 en 1

Cameroun – Freddy Manyongo ; la relève, 3 en 1

Désormais ‘’Prince Muna Cameroun’’après l’ascension de son papa adoptif au titre de chef de son village, le fashion entrepreneur aux multiples casquettes, Freddy Manyongo se décrit comme un être atypique qui croit et voit la mode comme une plateforme pour une évolution des hommes et surtout du continent africain. Très jeune, il rêve déjà des podiums avec en tête les images que nous offrent la télévision et les magazines, des créations, les shows de Karl Lagerfeld et les poses à couper le souffle de Naomi Campbell. Fasciné, le jeune enfant se promet d’être Top model, peu importe le temps. Freddy naît d’une génération de mère et grand-mère couturière. Il hérite aussi de la figure maternelle une silhouette fine et grande.

Il grandit ainsi dans une ambiance bercée par le style et la créativité. Au lycée, il communiquera cette vibration, par ses touches de designer, durant les évènements de culture organisés au lycée où il accompagne les miss et propose ses créations. Comme durant la semaine de la langue maternelle, initiative qui continuera sous sa houlette même après l’obtention de son bac scientifique, le proviseur ayant besoin de sa touche pour continuer à pousser les jeunes à rester connectés aux traditions.

De ce moment, il aura l’envie d’explorer encore plus grand, avec des castings qu’il va faire sans expérience de la mode. À sa grande surprise, il sera parmi les modèles hommes sélectionnés pour l’Annual show en 2010, aux côtés des figures phares de l’époque Joey, Orian Simo et pleins d’autres. Le félin rêveur, inspiré par ses idoles quittera de son gribouillage au lycée à homme de terrain. Ses moments vont marquer fortement le jeune homme qui va sauter en plein dans les plateformes de mode africaine.

Freddy va s’offrir le continent.

Ainsi, il va rafler des prix de top model dans des pays voisins et se faire connaître par les grands du milieu. Mais un goût d’amertume va le pousser à se retourner et revenir sur la terre de ses ancêtres, l’envie de faire de son Douala natal l’espace de la mode, la capitale de la Fashion Week camerounaise.Le jeune fashionpreneur va nous avouer qu’il était quelque peu frustré par les questions des autres au sujet de la mode du côté du Cameroun. On précisera qu’à cette époque, il y avait deux grandes plateformes, l’Annual Show et le K-Wallk, qui se déroulaient tous les deux ans, ce qui n’était pas suffisant pour promouvoir la mode qui avançait à toute vitesse dans les autres pays africains.Freddy nous confie qu’il s’est lancé dans la promotion de la mode car il avait soif et faim, non pas d’eau ou de repas, mais de voir son pays parmi les meilleurs du monde. Il avait en tête de ramener ce qu’il avait vu à l’étranger chez lui, il fallait ramener quelque chose de là-bas chez lui.

De là est née l’inspiration pour un événement qui pourrait se dérouler sur une année et mobiliser les acteurs du domaine : mannequins, stylistes, designers, décorateurs, photographes et autres.Un événement qui devrait générer des revenus et soutenir tous ceux qui voudraient en faire partie ;Mboti Fashion Présentation est née en 2019, qui durait juste une journée. En 2020, l’idée était de passer à 3 jours mais l’arrivée du Covid a tout chamboulé.

En 2021, avec les répercussions persistantes du Covid, ils ont dû encore reporter, mais c’est là qu’est venue l’idée d’une Fashion Week, devenant ainsi Mboti Week, respectant pleinement l’idée de la semaine de la mode. C’était un défi effrayant pour l’équipe au début mais ils ont tenu bon.Pour 2025, les thèmes seront bientôt officiels et le grand brunch a eu lieu au mois de mai. Il faut préciser que c’est toute une organisation qui se charge des activités désormais.Freddy ayant le dernier mot en tant qu’initiateur, mais entouré d’une équipe dynamique, qu’il écoute. La vision étant de produire de grands spectacles toujours plus fantastiques, inspirants.

Les thèmes se basent sur l’actualité, la fantaisie et notre patrimoine. Pour 2025, l’équipe est en action et des thèmes seront bientôt officialisés par le comité. Les choix des thèmes se basent sur l’actualité, la fantaisie comme on le voit dans les brunchs. Plusieurs stylistes africains l’ont impressionné, tels qu’Iman Ayissi ; avec son travail dans le raphia, Jemann Père l’un des premiers entrepreneurs de la mode de son époque, Nakuin représentant la jeune génération, Thérèse Ngann, femme innovante de son époque.

Il demeure fasciné par le travail du Sénégal, du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Niger et de bien d’autres qui l’inspirent et prouvent que le continent a tellement à offrir. Noirata, sa marque, est une inspiration, une vision de la mode. Il propose cela pour travailler le modèle et le tissu. Action qu’il a commencée au lycée. Beaucoup ne le savent pas, mais la création a été ses premiers pas dans la mode, il était « le monsieur mode » du lycée, présentant ses collections. Précisons qu’il avait fait des sciences au lycée mais a réussi à imposer cela dans son lycée qui n’avait rien à voir avec la technique. C’était important pour lui de mettre en avant sa créativité.

Pour ce qui est des obstacles, Les ressources semblent être la plus grosse difficulté selon notre top model ‘’les Camerounais aiment les bonnes choses pourtant, mais, avec le temps, la connaissance des choses a été diluée, une inversion des valeurs. L’anormal est devenu le normal’’. Ainsi c’est un travail de redressement qu’a entrepris l’association Mboti. Pour que l’écosystème se mette ensemble pour faire bouger les choses. C’est de cette union qu’on pourra dicter les codes.

La sélection des créateurs se fait avec les membres du comité. On observe la constance, la créativité, les innovations. Ils ouvrent aussi à la candidature pour ceux qui voudraient présenter leur création. Avant, on devait pousser les acteurs du show à voir au-delà de ce qu’ils proposent très souvent, mais désormais chacun apporte un plus et veut impacter le public toujours plus nombreux sur les différents sites du show.‘’Chacun veut sortir du lot et se démarquer.’’Le choix des mannequins depuis 2021 n’entre plus dans ses cordes, une agence s’en charge, elle peut changer selon la vision. Ça peut être la recherche des new faces, 50 à 60 mannequins par édition venant des différentes régions du territoire, une mixture de culture, très importante.

Pour ce qui est de la stratégie de marketing et communication, l’équipe vise à proposer au monde un événement qui soit dans les normes et les standards du monde, un événement au standard international.Le prince nous explique qu’ils proposent sur leur plateforme des éléments enrichissants que tout média souhaiterait présenter à son public : une diversité de contenus mettant en avant la culture, l’art et le patrimoine, un attrait que tout média souhaite avoir dans son menu.Mboti est un événement culturel et artistique valorisant le patrimoine, mettant la barre très haute à chaque Edition.

Noirata et Locko ; une association qui naît naturellement. plus jeunes, ils sont pratiquement dans le même environnement, un frère du village du côté de sa mère. Ils se sont croisés en dehors du pays plusieurs fois et quand son projet ‘’ Locked-Up’’ est finalisé, le manager de l’artiste Locko de l’époque lui fait signe pour la gestion de son image et visuel. D’autres projets artistique portent, la touche de l’agence FM Touch, bébé de Freddy Mais avec le Mboti et le Brunch, projets assez lourds, absorbant beaucoup d’énergie, il lui manque les ressources et le financement par moment, mais avec le temps il comble. ‘’On n’a peut-être pas des marques lourdes comme ceux de l’autre côté, mais avec des marques du terroir on pense faire la même chose et les voir s’implanter un peu partout avec le temps ; Avec le temps, on encourage et apporte notre soutien à ceux qui gardent la tête haute durant l’année, on leur insuffle l’espoir et la force pour rester à flot’’ Pour ce qui est de l’avenir, Freddy, reste mannequin et porte le projet Mboti et compte plus s’ouvrir à l’international. Une ligne qu’il ne lâche pas malgré les ralentissements dus au Covid. Le conseil aux jeunes, c’est de se lancer tout de suite tout en étant humble, travailleur et se formé.

Il a pris le temps d’observer et de se préparer, comme son implication dans l’événementiel avec Tony Nobody, un apprentissage où il a appris à faire avec ce qu’il avait. Et le terrain, il l’a appliqué avec Didier Toko sur le Domaf où on lui confie un projet dans le département de la mode sans budget et qu’il arrive à déployer à chaque édition. De ce fait, lancer le Mboti sur une semaine était inévitable‘’ce n’était pas évident pour certains, mais je crois que désormais on est fiers de notre persévérance ‘’Nous avons nos plateformes « Muna Cameroun » et ‘’Mboti Week’‘sur Instagram, Twitter et autres.

‘’On essaie de suivre et de communiquer sur l’actualité de nos créateurs. On ne s’arrête pas après l’événement.’’

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