La danse en Afrique fait partie de la culture, elle accompagne chaque étape de la vie des hommes : naissance, mariage, funérailles, rite de passage, jeu, célébration. Pendant quelques décennies c’est cette image de la danse africaine que nous connaîtrons à travers les danses traditionnelles véhiculées en Europe
L’appellation « danse traditionnelle » caractérise l’ensemble des danses collectives d’origine rurale et porteuses d’identités régionales (sur le continent africain, 80% de la population est rurale). Elles sont ritualisées et sexualisées.
Les régimes politiques des années 1980 s’empareront de ces danses en les institutionnalisant dans les grands ballets africains. Malheureusement, en se résumant à des danses folkloriques, elles perdent progressivement leur sens : une danse de tradition, transposée sur une scène, est rapidement dépossédée de son identité.
C’est au début des années 1990 que l’on voit apparaître de nouvelles pratiques de danse. Entre danses traditionnelles et danses urbaines, la danse contemporaine africaine va émerger et questionner sa propre légitimité
La rencontre avec des chorégraphes et danseurs occidentaux suscite l’intérêt de certains danseurs africains et ouvre de nouvelles perspectives à la fois institutionnelles et financières.
Les danseurs africains vont être sollicités en Occident pour enseigner la danse africaine à des amateurs et à des professionnels.
Germaine Acogny, Bénin
Danseuse, chorégraphe sénégalaise elle a consacré sa vie à promouvoir la danse contemporaine africaine. Directrice de l’école Mudra-Afrique, elle met au point une technique de référence qu’elle synthétise dans un livre : Danse Africaine (1980). Récompensée par un Lion d’or à Venise en 2021, « la mère de la danse contemporaine africaine » a révolutionné son art. Elle croit dans la capacité de la danse à changer la vie des gens.
Orlin, Robyn , Afrique du Sud
Après s’être formée à Londres puis aux Etats-Unis, Robyn Orlin débute sa carrière en 1980 . Surnommée en Afrique du Sud « l’irritation permanente », ses spectacles sont multiformes et mélangent vidéo, arts plastique, théâtre, danse. Ses thèmes de prédilection : la condition féminine, la discrimination raciale, les clichés du genre chorégraphique d’Afrique du Sud et les drames de son pays, apartheid, sida. Elle n’hésite pas à faire participer les spectateurs et interagir avec eux.
Germaine Acogny, Bénin
Dada Masilo, Afrique du Sud
Elle débute son apprentissage à l’âge de onze ans. A 19 ans elles se forme pendant deux années à l’école P.A.R.T.S. de Bruxelles. A l’issue de cette formation, elle repart en Afrique du Sud et commence à créer ses propres œuvres. Le National Arts Festival lui passe commande de trois pièces : Roméo et Juliette (2008), Carmen (2009) et Swan Lake (2010). Depuis 2012, ses pièces tournent à travers toute l’Europe. Pour l’inauguration de la Biennale de Lyon en 2014, Masilo reprend sa Carmen.
Orlin, Robyn , Afrique du Sud
Dada Masilo est reconnue pour son agilité et sa vivacité en tant qu’interprète. Elle aime les classiques auxquels elle mélange habilement des techniques de danse et des genres musicaux, des partitions originales de compositeurs et des interprètes du XXe siècle.
Dada Masilo, Afrique du Sud
Salia Sanou et Seydou Boro, Burkina Faso
Ce sont les deux chefs de file du mouvement de la « danse contemporaine africaine » au Burkina Faso. Après une longue collaboration avec la chorégraphe française Mathilde Monnier, les deux chorégraphes, aujourd’hui reconnus à l’échelle internationale, ont fondé en1995 leur propre compagnie, Salia nï Seydou, ainsi qu’un festival dédié à la création chorégraphique à Ouagadougou.
Salia Sanou et Seydou Boro, Burkina Faso
Pour eux, la danse africaine ne doit pas se limiter à reproduire les formes traditionnelles.
